rousseau

Rousseau appelait la Corse le seul pays d'Europe encore capable de législation et avait accepté de rédiger une constitution pour cette nation nouvellement créée. Le jeune écrivain britannique Boswell apporta sur l'île le message du philosophe. Reçu avec enthousiasme par un peuple en armes qui voit en lui l'ambasciadore inglese, il rencontra le chef des Corses, l'illustre Pascal Paoli, dont il dresse un portrait en même temps qu'il décrit les m½urs et les paysages de la Corse, ses institutions politiques, son agriculture, son artisanat. De retour à Londres, Boswell plaidera la cause du « père de la Patrie » pour empêcher que les Britanniques ne s'interdisent le commerce avec les « rebelles corses ». Publié en 1768 en anglais et aussitôt traduit en français, l'ouvrage connut un succès éclatant. Il fit connaître la Corse jusqu'en Amérique, où les Fils de la Liberté acclamèrent Paoli. Cette première réédition depuis plus de deux siècles est présentée avec une longue et passionnante introduction de Lady Dorothy Carrington, célèbre Corse d'adoption contemporaine et l'un des meilleurs connaisseurs de cette contrée.

Jean-Jacques Rousseau, qui observait avec sympathie la lutte de Paoli, a correspondu avec Matteo Buttafoco, un officier corse au service de la France. Celui-ci, qui entretient toujours de bonnes relations Avec Pasquale Paoli, demande à rousseau d'écrire un projet de constitution pour la Corse. Cette tâche, le Genevois l'accomplit de janvier à septembre 1765.
La Corse de Paoli séduit les philosophes des Lumières. La sauvagerie de ses habitants relève alors plus de l'état de nature édénique cher à Rousseau que de la barbarie : " Peut-être le peuple corse est-il resté plus près de la nature que la plupart des peuples d'Europe. Son extrême sobriété, son mépris du luxe, son assurance que ne peut intimider ni le rang ni la puissance, sont des traits perdus depuis longtemps chez les nations les plus civilisées ", remarquera à son tour l'abbé Gaudin, vicaire général du Nebbio, dans son Voyage en Corse (1787).
Entre temps, la résistance de Paoli et de ses milices à la puissance armée de Louis XV, en 1769, a mis la Corse au premier plan de l'intérêt des Européens éclairés.
<< Dans quelque vue que la nation corse veuille se policer, la première chose qu'elle doit faire est de se donner par elle-même toute la consistance qu'elle peut avoir. Quiconque dépend d'autrui, et n'a pas ses ressources en lui-même, ne saurait être libre. Les alliances, les traités, la foi des hommes, tout cela peut lier le faible au fort, et ne lie jamais le fort au faible.

Ainsi, laissez les négociations aux puissances, et ne comptez que sur vous. {...} Sans amis, sans appui, sans argent, sans armée, asservis à des maîtres terribles, seuls vous avez secoué le joug. Vous les avez vus liguer contre vous, tour à tour, les plus redoutables potentats de l'Europe, inonder votre île d'armées étrangères ; vous avez tout surmonté. Votre seule constance a fait ce que l'argent n'aurait pu faire ; pour vouloir conserver vos richesses, vous auriez perdu votre liberté. Il ne faut point conclure des autres nations à la vôtre : les maximes tirées de votre propre expérience sont les meilleures sur lesquelles vous puissiez vous gouverner.

Il s'agit moins de devenir autres que vous n'êtes, que de savoir vous conserver tels. Les Corses ont beaucoup gagné depuis qu'ils sont libres ; ils ont joint la prudence au courage, ils ont appris à obéir à leurs égaux, ils ont acquis des vertus et des m½urs, et ils n'avaient point de lois; s'ils pouvaient rester ainsi, je ne verrais presque rien à faire. Mais quand le péril qui les a réunis s'éloignera, les factions qu'il écarte renaîtront parmi eux ; et, au lieu de réunir leurs forces pour le maintien de leur indépendance, ils les useront les unes contre les autres, et n'en auront plus pour se défendre, si on vient encore les attaquer. Voilà déjà ce qu'il faut prévenir. Les divisions des Corses ont été de tous temps un artifice de leurs maîtres pour les rendre faibles et dépendants ; mais cet artifice, employé sans cesse, a produit enfin l'inclination et les a rendus naturellement inquiets, remuants, difficiles à gouverner, même pour rétablir la concorde, dont la tyrannie a détruit jusqu'au désir. La Corse, assujettie à des maîtres étrangers dont jamais elle n'a porté patiemment le dur joug, fut toujours agitée. Il faut maintenant que son peuple fasse une étude nouvelle, et qu'il cherche la paix dans la liberté. >>


# Posté le vendredi 09 mai 2008 11:07

ponte novu

La bataille de Ponte Novu, qui eut lieu du 8 au 9 mai 1769, est le point final des affrontements entre les troupes corses de Pascal Paoli et les armées du roi de France, Louis XV. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la Nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse.

Voltaire, dans son Siècle de Louis XV (1751), écrit, admiratif, à l'occasion de ce combat : « L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

Paghjella Di Ponte Novu

Sè tù passi per ste sponde
Pensa a salutà la croce.

Quì sò cascati l'antichi
Cantendu à alta voce.

Per difende a libertà
Contr'à u francese feroce.
# Posté le vendredi 09 mai 2008 06:51

star ac

# Posté le jeudi 08 mai 2008 16:50

tzek et pido

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# Posté le jeudi 08 mai 2008 16:47

TZEK ET PIDO

IDEM
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# Posté le jeudi 08 mai 2008 16:38

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